Francis TATTEGRAIN peintre en côte d'Opale
Par Mincoin le mardi, juillet 31 2007, 11:16 - Musée Opale Sud - Lien permanent

Francis Tattegrain - 1852 - 1915
Musée d'Opale-Sud (Berck-sur-Mer)
Du 30 juin - 31 décembre 2007
Francis Tattegrain (1852-1915), peintre en Côte d'Opale. Musée d'Opale-Sud (Berck-sur-Mer),
30 juin - 31 décembre 2007.
Né le 11 octobre 1852, Francis Tattegrain est issu d'une famille de juristes installée depuis le XVIIe siècle à Péronne.
Les premiers séjours des Tattegrain à Berck-sur-Mer sont contemporains de l'émergence du Berck touristique et
médical qui juxtapose de nouveaux quartiers à l'ancien village de marins. A partir de 1865, ils logent chez des
pêcheurs avant de se faire construire, en 1870, un chalet à la plage, où ils emménagent. Le jeune Tattegrain passe
ses vacances à chasser les oiseaux de mer en baie de Canche ou d'Authie et à parcourir la côte, depuis Etaples-sur-
Mer jusqu'à l'estuaire de la Somme, dans une embarcation de fortune. Il n'hésite pas à monter à bord des bateaux de
pêcheurs et à partager leurs rudes conditions de travail.
Tattegrain sacrifie tout à l'art et passe des journées entières à travailler. Lorsqu'il gagne les falaises du Cran-aux- Œufs au nord de Boulogne-sur-Mer, il quitte Berck à cinq heures du matin et prend le train jusqu'à Wimereux. De là, une patache le conduit à Audresselles. Il achève ce pénible trajet par trois ou quatre kilomètres de marche sur la plage ou en haut de la falaise. C'est un travailleur infatigable, il est dur pour lui-même au point que Virginie Demont- Breton le compare à un anachorète. Indifférent au confort, Tattegrain est dehors par tous les temps, sous le vent et la neige, de jour comme de nuit. Il lui est même arrivé d'avoir le doigt qui tenait la palette gelé après une longue étude dans le froid.
Des falaises du boulonnais, où il peint les Sauveteurs d'épaves, à la Baie de Canche, Tattegrain parcourt la cote en toutes saisons. Il sillonne le Sentier des douaniers qui longe la côte d'Opale permettant d'empêcher la contrebande mais aussi d'intervenir en cas de naufrage. Il connaît d'autant mieux toutes les nuances de la végétation des dunes qu'elles constituent son territoire de chasse privilégié. Ces paysages servent aussi de cadre à nombre de drames humains relevant de compositions d'histoire ou de la douloureuse actualité des rivages septentrionaux.
À l'atelier de Berck-sur-Mer, son pays d'adoption, Tattegrain adjoint celui des dunes du village voisin de Groffliers, au milieu des cent hectares dont il est propriétaire entre Berck et la baie d'Authie. Là, un système de contrepoids et de câbles glissant sur des poulies, inspiré des manœuvres maritimes, lui permet de remplacer la façade rabattue par un châssis de huit mètres de large sur quatre de haut et de travailler ses plus grandes compositions à la lumière naturelle.

Tattegrain saisit ses modèles sur le vif, fouillant leurs physionomies pour y trouver l'expression d'une personnalité qu'il transcrit sans en lisser les contours.

Dans les 52 portraits de pensionnaires de l'Asile Maritime, œuvre de bienfaisance sur laquelle il veille, en compagnie de la baronne de Rothschild, il révèle sans fard sa familiarité avec la population maritime et l'empathie qu'il éprouve pour ces vieux marins endurcis par la vie, aux visages burinés par les embruns.
